Sélection contre Varroa

 

Évaluation de la tolérance à Varroa dans le processus de sélection


L’un des constats de l’état des lieux de la sélection en France est que tous les maillons nécessaires à la sélection existent sur le territoire, mais pas au sein de chaque groupe. Par conséquent, la mise en place de travaux coordonnés doit permettre de faire progresser tous les groupes. La réunion du groupe de travail Sélection de janvier 2012 a permis aux différents acteurs de la sélection de partager leurs expériences et leurs besoins.


L’une des préoccupations majeures exprimées par le groupe est la sélection contre Varroa. Ce type de sélection semble possible, aux vues des différents travaux menés par la recherche. Cependant, une pression de sélection contre Varroa, sans sélection sur les autres critères, entraîne une dégradation des autres paramètres intéressants (production, comportement…).


Mesurer l’accroissement de la population de varroas durant la saison 2012


La sélection contre Varroa se fait avec différentes approches. L’une d’entre elles est la sélection naturelle, qui consiste à laisser les colonies sans traitement contre Varroa et de sélectionner les survivantes. Cette approche donne des résultats intéressants mais n’est pas compatible avec les objectifs d’une exploitation apicole. Une autre approche consiste à sélectionner les colonies dans lesquelles le développement du Varroa est le plus faible. Cette approche a été retenue par le GIE Bretagne pour 2012.




Le projet du GIE Bretagne est de mesurer l’accroissement de la population de varroas durant la saison. Pour cela, les apiculteurs vont échantillonner les colonies potentiellement sélectionnées en prélevant 300 abeilles (environ 50 g d’abeilles) à deux dates : en début de saison et à la fin de la dernière miellée (juste avant le traitement d’hiver). Ces échantillons seront congelés et durant l’hiver, les abeilles seront lavées (cf. protocole) pour compter le nombre de varroas. À partir d’une formule mathématique mise au point par le chercheur suédois Ingemar Fries, le taux d’accroissement de la population de varroas sera calculé. Les colonies potentiellement sélectionnées sur les critères de production et de comportement seront comparées sur le critère de leur résistance au Varroa. Les ruches ayant un taux d’accroissement de varroas plus fort ne seront pas retenues.


Cette approche ne recherche pas les colonies résistantes au varroa mais consiste à sélectionner, parmi les colonies intéressantes pour la production, celles qui ont un développement de varroas le plus faible possible. De plus, le protocole est simple à mettre en place et n’est pas coûteux en temps durant la saison.


La proposition du groupe de travail Sélection est la suivante : tous les groupes intéressés pour travailler la tolérance des colonies vis-à-vis de Varroa peuvent mettre ce protocole en place dès cette année et, à l’automne, les résultats seront analysés par l’ITSAP-Institut de l’abeille.


Aujourd’hui une dizaine de groupes en France sont intéressés par ce protocole et les premiers prélèvements ont eu lieu.